Est-ce que notre vie va changer? Hum… pas mal oui! 🙂

En faisant le choix de bifurquer vers la Californie, plusieurs changements s’imposent.

C’est peut-être ce qui est si effrayant avant de sauter dans le vide justement. Plusieurs changements, sur une courte période de temps.

Quelques-uns ont été plus marquants que d’autres. J’avais envie de vous faire part des changements que nous avons rencontrés, qu’ils soient positifs ou négatifs, qu’ils soient attribuables au fait de s’expatrier ou qu’ils soient attribuables au choix de la destination.

Bonne lecture!

La langue

La langue a été l’une des choses qui m’a fait bien peur avant de quitter. Je me demandais comment j’allais faire pour aller à l’épicerie et répondre à qui oserait m’adresser la parole 😉

Pour ma part, je quittais le Québec avec un anglais « so, so » 🙂 Je pouvais me débrouiller, mais entre demander son chemin et parler anglais chaque jour…

Il n’était pas question que je réponde au téléphone, je faisais tout en personne. J’allais inscrire les filles directement, j’écrivais mes questions, je pointais des choses, des heures, des journées, des produits, etc. Je ne répondais pas au téléphone si je ne reconnaissais pas le numéro de mon chum. Je me risquais à dire certains mots, mais la plupart du temps, les gens ne comprenaient pas ce que je disais. Un exemple assez marquant pour moi, c’est quand je dis mon nom (on s’entend que Jenny, c’est assez anglophone). Plusieurs ne comprennent pas et quand je l’épelle, ils disent : haaaaa, Jenny! Fouillez-moi comment je le prononce, mais visiblement, ce n’est toujours pas au point… même après plus d’un an!

Je me suis dit que je serais pas pire quand je serais assez à l’aise pour parler au téléphone et quand je pourrais passer une commande à l’auto. Ça me terrifiait! Après environ 6-7 mois j’ai été capable de le faire. J’étais assez fière de moi!

Je me souviens aussi un soir, on avait acheté un nouveau livre à ma fille, en anglais, et elle m’a demandé de lui lire. J’ai commencé à en faire la lecture, ma foi, assez difficilement, et j’ai dû arrêter après quelques pages tellement j’avais de la difficulté à le lire. Plus ça allait, plus je me disais : ben voyons, je suis toujours ben juste en train de lire un livre d’enfants… Je dois avouer que ça été tout un choc (pas nécessairement positif).

D’ailleurs, ça me rappelle aussi mes premières semaines de bénévolat à l’école. J’y passais seulement 2 heures par semaine, mais je ressortais de là avec un mal de tête incroyable… et ce, à chaque semaine. C’est intense quand même, on ne s’imagine pas nécessairement ce qu’une autre langue, au quotidien, peut changer dans notre vie. Je peux le confirmer avec ma propre expérience, c’est chaque seconde de notre journée que notre cerveau doit « computer » ce qu’on vient d’entendre, ce qu’on vient de nous demander, ce qu’on veut demander, ce qu’on vient de manquer parce que notre fille parle en même temps… c’est fou!

Ça va mieux maintenant, je vous rassure! Après plus d’un an, la différence est frappante. Tout d’abord, les gens disent toujours bien me comprendre, malgré mes erreurs, mais je me suis aussi améliorée. On développe notre écoute pour l’anglais, c’est pourquoi ça devient plus facile avec le temps.

La langue est un gros changement pour les filles aussi. Incapables de communiquer avec qui que ce soit, ce n’était pas évident pour elles. Mais comme elles sont jeunes, l’apprentissage se fait plutôt vite. Déjà après un an, la langue n’est vraiment plus un problème, si ça peut en rassurer quelques-uns qui voudraient s’expatrier.

Nous ne sommes pas parfaitement bilingues, mais vivons très bien cette situation.

Mes filles sont maintenant bilingues (work in progress pour mon bébé), n’est-ce pas une richesse pour elles que de maîtriser deux langues?

Ha oui, parlant des deux langues, si vous voulez conserver votre langue maternelle, VOUS devez la conserver à la maison… l’anglais est si présent qu’il devient vite facile pour les enfants de ne parler qu’une seule langue.

J’ai rencontré plusieurs mexicains qui parlent toujours espagnol parce que leurs parents avaient des règles très strictes à la maison : on discute en espagnol avec papa et maman, un point c’est tout! C’est ce que je fais avec mes filles. Elles sont sur le point de parler espagnol justement!!! haha, je me trouve drôle en plus!

Changer de pays et apprendre une nouvelle langue me faisait bien peur, et d’un autre côté, que les filles perdent la langue française me fait bien peur aussi. J’ai moins d’inquiétude pour le français parlé, mais il est primordial pour moi que les filles apprennent aussi à lire et à écrire en français (du moins à très bien se débrouiller). Et je me rends compte que c’est vraiment à nous de faire le travail (il y a quelques écoles) parce qu’au Québec, les enfants pratiquent à la maison, à la garderie, à la gymnastique, à l’école, etc. Ici, il y a pratiquement juste moi qui peut travailler les erreurs de français. Ma plus jeune disait toujours Poilette plutôt que Toilette… On s’entend que si je ne la reprends pas, son prof de gym s’en moque quand elle dit Poilette et qu’elle quitte la classe 🙂 Ce n’est qu’un exemple banal, et je ne sais pas si ça aurait été plus rapide de la corriger à Québec, mais le point que je veux amener est que je dois certainement être plus attentive de ce côté. C’est une tâche de maman qui s’intensifie quand on est dans un milieu non francophone.

Je dis souvent à mes filles qu’elles sont chanceuses de pouvoir parler et comprendre deux langues. Il ne faudrait surtout pas qu’elles les perdent.

C’est mon avis…

Mais c’est aussi beaucoup de travail! L’anglais est présent partout, excepté à la maison. Si on relâche, ça va très vite!

Les amis

Les amis… comment dire… Je n’ai pas beaucoup d’amis dans ma vie, mais je suis plutôt solitaire! Ceci dit, j’ai rencontré un groupe de mamans dans mon coin et j’ai des bonnes connaissances. Peut-être qu’avec le temps, ça changera.

Sinon, nous connaissons quelques Québécois dans la même situation que nous et ce sont de loin les amis auxquels nous nous attachons plus. Tu te sens tout de suite bien, tu te comprends, tu as les mêmes références, etc. Ça fait du bien un bon souper de Québécois!

Il faut apprendre à connaître notre milieu, les gens qui nous entourent et tranquillement, on se fait un petit cercle.

Pour ma part, probablement parce que je suis une personne solitaire, ce n’était pas une de mes inquiétudes principales (j’avais bien d’autres choses à m’inquiéter) avant de déménager. La partie amitié qui me rendais plus triste était plutôt de perdre contact avec mes amis du Québec, et non pas à savoir si j’allais m’en faire d’autres.

Avoir des amis et de la famille proche quand on est à distance, ça devient plus difficile. Vive Skype et le téléphone, mais beaucoup les courriels pour ma part. Il faut aussi l’entretenir parce que ça va vite! Je communique très fréquemment avec amis et famille par courriel. Pour moi, c’est pratiquement comme si on allait déjeuner. Si la folie s’empare de nous (je pense entre autres quand je parle voyage avec ma belle-soeur ou maison avec ma soeur), on peut s’écrire 8 fois dans la même journée… Ça fait du bien! Avec le déménagement, je deviens très attachée au courriel 🙂 Je suis très heureuse quand j’ai un courriel dans ma boîte qui me vient de quelqu’un de Québec, je me dis que tout n’est pas perdu, on garde contact.

La nourriture

On s’entend, ça ressemble beaucoup au Québec. Pour la nourriture, je dirais qu’il faut changer légèrement nos habitudes pour certains produits. Des sauces, des coupes de viande, etc. Ce n’est pas exactement comme au Québec, alors on vient qu’à se trouver des équivalents, ou encore mieux, essayer de nouvelles choses et les adopter!

Ici, il n’y a pas de cretons… alors je fais maintenant mes propres cretons. Il n’est pas aussi crémeux, mais il fait vraiment l’affaire 😉 J’aime beaucoup manger du pain avec des fromages et des pâtés de foie… c’est plutôt difficile ici. De la viande à fondue, on n’en trouve pas dans les épiceries régulières. Ce n’est rien de flagrants comme changement, mais il faut quand même s’y adapter. Au début, je cherchais tout comme au Québec. Non mais on s’habitue à la couleur des pots de sauces 🙂 Je me rendais compte que je ne connaissais même plus certaines marques de produits, j’y allais simplement à l’oeil. Il faut alors se refaire l’oeil après un déménagement, même pour de si petits changements.

Une autre particularité est qu’on mange beaucoup plus de fruits frais, plus d’avocats (ils sont toujours parfaits). C’est probablement pour la fraîcheur des aliments et la température annuelle (je ne sais pas pour vous, mais au Québec, je mangeais différemment l’été et l’hiver). Ici, la période des wraps, salades et paninis s’étire un peu (à mon grand bonheur).

On mange aussi beaucoup plus de plats mexicains, au grand bonheur de mon chum.

Voilà, j’espère que vous avez apprécié cet article.