La clé de notre succès

C’est peut-être un peu poussé comme titre, je ne peux pas dire que c’est déjà un succès (on commence), mais ce sont des petits succès au fil des semaines.

Persévérance, constance, encouragement, plaisir!

Persévérer, persévérer, persévérer. Les enfants apprennent rapidement et même si on a parfois l’impression que ça ne fonctionne pas, ils enregistrent toutes ces informations et un matin, ils vous sortent une phrase écrite!

Je n’écris jamais à mes enfants en anglais. Ce n’est pas naturel pour moi et c’est un peu contre mes principes! Je ne sais pas comment l’expliquer autrement. Je ne vois tout simplement pas dans quel intérêt j’irais vers l’anglais alors que tout ce que je connais bien, c’est le français.

Mes filles vont bien apprendre l’anglais, je n’ai pas à m’inquiéter. Il y a assez de ressources tout autour de nous pour améliorer leurs connaissances, alors que les seules personnes, ou presque, qui peuvent renforcer le français, ce sont nous, les parents.

Ne pas abandonner!! Ça peut nous sembler difficile, et oui, ça l’est probablement (pour moi en tout cas), mais il y aura de belles réussites au bout de tout ce travail.

Je dis toujours à mes filles que c’est une belle richesse de maîtriser deux langues, et pour ça, il faut travailler fort pour le français!

Selon moi, ces efforts seront récompensés, ils en valent tellement la peine. Il est facile pour un enfant de s’adapter à une autre langue et l’inverse est aussi vrai; le français sera vite oublié si on le laisse aller.

Activités concrètes

Au niveau actuel de ma fille, je lui fais lire des mots et elle commence à écrire des petites phrases. Nous regardons une liste de mots pendant une semaine et je fais des exercices chaque samedi pour voir l’évolution… et ça fonctionne!

Nous utilisons des listes de mots dans lesquelles il manque les voyelles, des listes de mots qu’elle choisit (animaux, moyens de transport, etc.), des listes de mots pour apprendre les sons (on, ou, in, eau…)

Avec le même principe que l’anglais, je lui ai fait une liste des mots fréquents (je, suis, mon, le, la…) et nous les lisons souvent.

Il faut faire attention

Évidemment, tout ce que je dis c’est parce que pour MOI l’apprentissage du français à la maison est important. Avec un titre comme ça, je ne veux pas mettre en garde les gens qui vivent à l’extérieur. C’est plutôt ce qui ME sonne une alarme quand ça arrive ici.

Quand ma plus vieille a commencé l’école, l’anglais était une découverte pour elle, qu’elle commençait vite à maîtriser. Elle m’a demandé, à ses débuts de petite fille anglophone, Can I have Milk? Heuuuu! Pardon? Moi je parle en français ici… après quelques semaines de rappel, sa période de questions anglophones était terminée.

Constance et rigueur! Moi qui ai plutôt de la difficulté au niveau de la discipline en général, je dois être vraiment tannante pour ça. Mais je reste convaincue que c’est ce qu’il faut faire.

Avec les films, ça été la même question au début : Est-ce qu’on peut le mettre en anglais? Non ma chouette, avec les postes Disney Jr. et Nick Jr., tu vas en avoir assez!

L’an dernier, ma fille a fait un test pour un classement d’anglais langue seconde. Elle était niveau 0 évidemment, puisqu’elle ne parlait pas un mot d’anglais la cocotte! Le directeur n’était pas inquiet alors qu’une autre dame m’a suggéré de parler en anglais avec ma fille, question de lui donner un peu plus de vocabulaire avant le début des classes… es-tu malade toi? Bon, ça c’était dans ma tête, mais je me suis empressée de lui dire que ce n’était PAS l’option possible.

Choisir nos priorités

Les priorités et les attentes sont différentes d’une personne à l’autre. Est-ce si important pour vous de conserver la langue maternelle?

Les situations sont différentes selon l’endroit où vous habitez, les gens que vous fréquentez, l’âge de vos enfants. Mes enfants ont appris le français au Québec, avant notre départ; les vôtres?

Quels sont vos moyens et outils pour enseigner à vos enfants; livres, activités, accès à internet, cours de langue?

Certains choississent (malheureusement à mon goût) de parler à leur enfant en anglais parce qu’ils sont dans un milieu anglophone. Moi je ne m’inquiète pas pour l’anglais, c’est tout autour de nous. Par contre, le français, il faut le conserver.

À ceux qui seraient tentés de dire que c’est simple ou que je pourrais m’y prendre autrement, je vous dirais : Quand vous vivrez la situation, on s’en reparlera!

Et ça, ma bonne amie Annie peut témoigner. Ce n’est pas une mince tâche d’enseigner à nos enfants. Chacun tente de faire de son mieux, chaque enfant est différent, le temps passe vite, très vite. Une année scolaire au Québec, si on veut atteindre le même résultat ici, il faut travailler en chien (pardonnez-moi l’expression) Mon chum, qui tient autant que moi à ce que les filles maîtrisent le français, ne pourrait jamais y mettre autant d’ardeur avec les heures passées au travail.

Sur une note humoristique

Je veux amener une petite pointe d’humour avec des anecdotes qui sont arrivées en fonction de la langue… et pas juste l’anglais :

Ma grande nous racontait une blague que son professeur avait racontée à l’école. Elle a dit exactement : « How do you call a cow with no legs? » et elle a tout de suite ajouté : « Ça c’est une vache pas de pattes »… des fois que notre anglais ne serait pas à niveau je suppose! haha, nous avons bien aimé.

Dès que nous faisons un cinéma à la maison, ma plus jeune me dit toujours « il faut le mettre en français, sinon quoi? On va perdre notre français ». Je pense que le message est bien passé.

Un signe que la langue utilisée majoritairement prend vite le dessus, quand ma grande revient de l’école, elle dit souvent : « J’ai manqué Diablo » (notre chat). Au début, je ne comprenais pas… jusqu’à ce que je fasse la traduction inverse (I miss him). Je lui dit toujours que si elle l’avait manqué, il ne serait plus là! C’est encore un réflexe, mais au moins elle s’en rend compte.

Elle passe en moyenne 7h de vie anglophone par jour. Si je la laissais parler anglais à la maison, on se ferait assimiler et on chanterait « O say can you see… » chaque matin avant le déjeuner. Haha! J’exagère!

Une petite dernière avec… le français! Dans son cours de français, l’enseignante vient de Marseille et évidemment, nous n’utilisons pas toujours les mêmes mots. Ma grande nous a dit « tu sais comment mon prof appelle un autobus… eeeee…. eeeee… dans la langue qu’elle parle? Un bus! ». Je pense qu’elle n’osait pas dire « en français » étant donné qu’on parle français aussi, mais c’était très drôle!

On s’encourage!

Un matin ma plus vieille a dit : une dame va… J’ai demandé à mon chum si elle venait vraiment de LIRE un bout de phrase et par l’affirmative, j’ai sauté de joie. Elle semblait tellement heureuse de mon bonheur, elle a aussi éclaté de joie.

Je pense qu’avec ma réaction, elle sera encore plus motivée à réussir. Je suis très fière de ce qu’elle fait en anglais, d’autant plus que c’est une langue seconde assez récente, mais visiblement, je ne pouvais contrôler ma joie pour ce qu’elle améliore en français… mes racines québécoises faut croire!

Et pour terminer, je voudrais donner une petite tape dans le dos à tout ceux qui se donnent le mandat d’enseigner et de conserver la langue maternelle à la maison. Ça demande beaucoup de rigueur, d’heures d’études, de motivation et d’organisation.

Ces mamans que je connais, parce que la plupart des papas travaillent déjà très fort à l’extérieur, ont énormément de mérite! Ça en vaut tellement la peine.

BRAVO! :o)