La question qui tue

Aux États-Unis, du moins en Californie, ce n’est pas chose rare d’être un parent à la maison (oui, parce qu’il y a aussi plusieurs papas à la maison), mais au Québec, c’est moins fréquent.

La fameuse question : Tu fais quoi dans la vie?

Je suis à la maison avec mes enfants.

Ok, mais sinon, tu fais quoi?

Ben présentement je n’ai pas d’emploi à l’extérieur, je m’occupe de la maisonnée, c’est pas mal ça qui m’occupe à temps plein.

Ha ok, finalement tu fais rien!

Oh oui, c’est une expérience personnelle vécue et une réponse obtenue par un charmant jeune homme (d’ailleurs, que je ne portais pas dans mon coeur alors il ne s’est pas aidé, mais c’est un autre sujet). Si vous doutez le moindrement de votre décision, une réponse comme ça, ce n’est rien pour aider.

Je ne suis pas la seule mère au foyer à avoir eu droit à ces merveilleux commentaires. D’autres mamans (amie/famille) étant aussi à la maison ont eu des commentaires tels que :

Ben là, tes enfants ne vont pas à la garderie?

Ça doit être poche de parler avec des enfants de moins de 5 ans à la journée longue! 

Comment feront-il pour rencontrer d’autres enfants s’ils sont à la maison?

À les entendre, on pourrait croire qu’il n’y a pas de vie en dehors des CPE, non? Ou bien que les éducatrices, qui passent la majeure partie de leur temps avec des enfants de moins de 5 ans, n’ont pas une vie intéressante. Je ne sais pas trop comment l’interpréter, et vous?

Job à temps plein (es-tu dans le jus?)

Je me suis questionnée beaucoup par rapport au regard des gens. Ouais, s’il y a une chose des gens qui réussissent bien, c’est surtout qu’ils ne se fient pas aux commentaires négatifs et qui ne s’arrêtent pas aux jugements des autres. Moi, je l’ai appris à la dure, et j’y travaille encore.

Je me suis longtemps sentie coupable de faire ce choix et souvent, j’avance moi-même l’idée que de faire le ménage, cuisiner, faire les courses, les rendez-vous pour les enfants, les loisirs, etc. ça vient avec toute vie de famille. Alors moi, je suis à la maison. Comment se fait-il que je sois parfois débordée ou que je puisse dire que j’ai une « job » importante alors que les autres parents font la même chose en plus de travailler 4-5 jours par semaine? « Plains-toi surtout pas que tu as eu une grosse semaine, t’aurais l’air de quoi? », c’est le genre de pensée qui m’effleurait souvent l’esprit.

Maintenant, je me questionne moins. Et pire que ça, oui, j’ose dire que j’ai parfois des semaines de fou. Certaines semaines, surtout pendant l’année scolaire, je fais le transport à l’école (pas de transport en autobus ici…), je prépare les lunchs, je me lève chaque matin pour les enfants, je fais du bénévolat à l’école, je prépare les repas pour toute la famille, je fais l’épicerie et les tâches ménagères, je vais chez le médecin, le dentiste, le garage, je suis présente pour les loisirs des filles, etc. Coudonc, c’est pas rien quand même, non?

Ce qui est moins intéressant pour moi, c’est de devoir gérer tout ça. Ce sont ces dizaines de rendez-vous qui me causent le plus de problèmes. Je cours souvent d’une place à l’autre et c’est ce qui gruge le plus de mon temps. Alors oui, je suis parfois bien occupée, malgré que je sois maman à la maison et que je n’aie pas d’emploi officiel.

En contrepartie, les semaines plus tranquilles, je profite d’un café autour du lac, je vais marcher à la plage ou je travaille sur mes projets personnels. C’est tout de même un bonus appréciable!

C’est ce qui fait que je n’ai aucun regret au sujet de ma décision.

Dernière partie à suivre dans quelques jours!