Vous avez sûrement entendu bien des histoires d’expatriés, mais mettons-nous dans la peau d’une mère qui doit s’adapter à ce changement.

Pour ce faire, j’ai eu une conversation avec ma mère et voici, dans ses mots, l’expérience qu’elle a vécue à chacune des étapes de notre projet d’expatriation.

Le rêve 

« Ils avaient déjà parlé de la possibilité de s’installer en Californie lors d’un souper en famille. On était tous bien excités par l’idée. Ce soir-là, on se disait qu’on viendrait les voir souvent et que la Californie était vraiment une belle destination parce que je l’avais visitée l’année précédente avec mon conjoint et mes deux autres filles.

Après on n’en a plus reparlé. Naturellement nous avions seulement pensé que c’était un de leurs rêves, pas plus. »

Le projet

« Quelques mois plus tard, ma fille me parle que les démarches pour le transfert se déroulent plutôt bien. Hein!! C’était pas une joke, ça? À ce moment-là, c’est devenu comme un peu moins emballant pour nous. 

Là, je commençais à avoir plus d’inquiétudes comme :

Est-ce qu’elle va s’ennuyer?
Est-ce que les enfants vont pouvoir s’adapter et se faire des amis?
Est-ce que ça va vraiment marcher pour l’emploi du conjoint?
Vont-ils être déçus et malheureux? 

Et la plus grande inquiétude pour mon coeur de grand-mère était la crainte que les enfants nous oublient et ne nous reconnaissent pas quand on irait les voir. »

L’annonce

« Finalement la nouvelle est arrivée et son conjoint a accepté une offre. Bonne nouvelle pour eux, naturellement. Malgré la tristesse d’avoir à se séparer d’eux, nous sommes quand même heureux parce que c’est toute une expérience pour la petite famille.

Ça a tout de même été un choc parce que c’est mon aînée et que je considère son conjoint presque comme mon fils. En plus, elle partait avec les deux seules petites filles que nous avions. »

Le départ

« Le 1er janvier 2012, les membres des deux familles sont tous réunis à l’aéroport, un verre de champagne à la main, pour leur souhaiter bonne chance dans leur nouvelle vie.

Vient le moment du départ, quand ils doivent franchir la sécurité; quelle tristesse! Il y avait beaucoup d’émotion dans l’air, ça a été un moment très difficile à passer. »

Après le déménagement

« Une procuration avait été signée en ma faveur pour que je m’occupe de la vente de la maison. Tout cela s’est fait pendant que ma mère était malade.

Ma mère est décédée en mars et la maison s’est aussi vendue en mars. Là, le vrai deuil a commencé. J’ai vraiment eu l’impression de la perdre une deuxième fois. J’avais comme deux deuils à vivre en même temps.

J’avais maintenant tout mon temps pour penser à eux et m’ennuyer. Je parlais souvent à ma fille et je savais que l’adaptation était difficile pour les enfants et je me faisais du souci pour ca. »

Conclusion

« Après 4 ans, je suis à même de confirmer qu’ils ont fait le bon choix. Au cours de nos visites, nous avons pu constater qu’ils se sont très bien adaptés. Les enfants vont à l’école et sont maintenant bilingues; une vraie richesse pour elles. Pour ce qui est de ma fille, elle s’est parfaitement intégrée à sa nouvelle vie et elle a fait de belles rencontres qui ont été très enrichissantes pour elle. Le plus difficile aura été et restera toujours l’éloignement. En contrepartie, cet éloignement nous aura permis de voyager dans un autre coin de pays en leur rendant visite régulièrement. »

 Merci maman!