debut

Allo!

Vous le savez, j’aime beaucoup écrire. Cet article, j’ai mis beaucoup plus de temps à le pondre et je l’ai même retravaillé avec ma mère. Pourquoi? Je pense que contrairement à un article que je considère cocasse ou pratique, celui-ci me rend plus vulnérable quant à ma gestion des commentaires ou perceptions que vous en aurez. Comme il faut se lancer dans le vide de temps en temps, j’espère qu’il sera tout aussi intéressant pour vous. Ça vous permettra de voir un autre côté de Jenny en Californie.

Bonne lecture!

Ça peut avoir l’air un peu déprimant comme titre, mais c’est loin de se vouloir un article négatif. J’ai plutôt été inspirée du fait que notre petite famille, mon conjoint, mes deux filles et moi, sommes seuls dans notre coin de pays. J’ai l’impression de revenir près de 6 ans en arrière, comme si j’avais tout à coup les blues, mais rassurez-vous, tout va bien. Ça m’est juste passé par la tête et je partage…

À notre retour de Québec cet été, j’ai dit à ma belle-soeur que nous étions bien seuls ici. Elle se demandait si je voulais dire que nous sommes bien quand nous sommes seuls ou bien si nous nous sentons seuls ici. Ce n’était effectivement pas clair mais malgré le fait que nous sommes très bien ici, nous réalisons que nous nous sentons seuls à chacun de nos retours de Québec. Je ne sais pas pour vous, autres expatriés, mais mon conjoint et moi, nous avons généralement un petit down de 4-5 jours. Nos voyages à Québec sont toujours extrêmement remplis. En plus d’y voir famille et amis, c’est un peu comme un party de Noël, mais 7 jours en ligne (faut en profiter hein!). Disons que le retour au calme est plutôt drastique.

Malgré le fait que nous sommes ici, loin de notre monde, notre personnalité est restée la même. Nous sommes des personnes plutôt solitaires. Quand je repense à notre vie à Québec, ça me fait drôle parfois de faire des sorties sur semaine ou des activités bien différentes de ce que nous faisions avant. J’étais très routinière, tsé le genre de routine plate (métro-boulot-dodo… oh non, pas question de sortir un soir de semaine).

Après quelques mois en Californie, toujours désorientée, je me disais :

« À quand le retour de ma routine? À quand le retour à nos vieilles habitudes? » (tu sais le genre de routine au quotidien qui réconforte?)

Finalement, ça ne reviendra jamais. Comment retrouver tes habitudes et ta routine alors que tout à changé? Je pensais que je me sentirais mieux en retrouvant ma routine, que j’attendais impatiemment, mais finalement mon confort est revenu petit à petit, avec une nouvelle routine qui s’est installée dans notre nouvelle vie.

Le fait d’être seuls ici, ça nous fait découvrir d’autres types de sorties. Nous sommes seuls la plupart du temps, donc si on a l’occasion de faire une sortie sur semaine, nous le faisons. Étant donné que nos fins de semaine ne sont pas remplies d’activités familiales ou sportives, ça nous donne beaucoup d’occasions de relaxer à la maison… vraiment beaucoup.

Plusieurs personnes nous disent que nous sommes chanceux de pouvoir se permettre ces sorties (restos, musées, fins de semaine dans le désert, vignobles, etc.). Je suis parfaitement d’accord que c’est tout un privilège que nous avons. Par contre, tout le reste du temps, nous sommes à la maison, généralement seuls. Ça, c’est beaucoup de journées dans une année, comparativement à notre vie à Québec. Pas de famille, pas de café avec maman, pas de cinéma avec mon amoureux, pas de show d’humour avec mes soeurs… Toutes ces activités remplissaient notre vie à Québec. Oui, nous sommes chanceux et choyés par cette vie, mais vous savez quoi, si nous n’avions pas de bénéfices à être ici, nous serions à Québec. Je pense qu’il faut une balance à tout ça.

Je partage beaucoup de belles choses sur les réseaux sociaux, mais si vous saviez le nombre de fois où je me sens seule et loin (parce que le quotidien, on le partage moins). Ces sorties, cette vie extérieure que je partage avec vous nous fait beaucoup de bien, à nous et les enfants.

Mais je vous l’ai dit, ce n’est pas un article négatif, ce n’est qu’une constatation. Quand le même genre de commentaires revient, je me dis que ça peut être intéressant de partager mon point de vue.

Qu’en pensez-vous? Êtes-vous plutôt du type routinier ou complètement flyé sans jamais connaître votre prochaine sortie?

Moi je pense que je resterai toujours une routinière (dit la fille qui a quitté pour l’autre bout du continent), mais avec plus d’ouverture. C’est bien dit ça hein?

Sur ce, bonne journée!